vendredi 2 décembre 2011

LA NOCE ... Théâtre du Vieux Colombier ***~~

Le Vieux Colombier propose en cette fin d'année un Brecht en un acte aussi drôle que cruel. "La Noce", également connue sous le titre "La noce chez les petits bourgeois", est la décapante satire d'un milieu soucieux du "qu'en dira t'on", attaché aux us et coutumes régissant la vie en société, en bonne société, faisant tout son possible pour masquer une réalité souvent moins flatteuse qu'il n'y paraît. Mais lors de ce repas de noces, l'alcool aidant, les faux semblants ne tiennent pas longtemps, le pugilat n'est pas loin... Au delà d'une classe sociale ou d'une époque en particulier , c'est bien des rapports humains en général dont il est question ici. Amour, famille, argent, situation... Tenir son rang, sauver l'honneur, les apparences, mais à quel prix, et pour quoi faire ?

Je suis une fan de Marie Sophie Ferdane (également vue dans La Pluie d'été). Elle m'embarque tout de suite dans son univers.
Difficile de rentrer vraiment dans la pièce toutefois même si la caricature de Brecht intrigue (jusqu'où le désastre va-t-il aller ...) et nous fait sincèrement compatir aux désillusions des jeunes mariés quant à ce jour qui devait être "le plus heureux de leur vie" ...
Bref, vaut le déplacement pour le jeu des acteurs.


Si la pièce se classe parmi les comédies, c'est aussi un drame. Pour faire jaillir la noirceur et la dureté du propos brechtien, la metteur en scène allemande Isabel Osthues a opté pour le burlesque le plus total. Le choix est judicieux. Embarqués dans un jeu outrancier, presque clownesque, les comédiens ne perdent rien de la vérité ni de la gravité de leurs personnages, et à mesure que croissent les éclats de rire du public, le miroir tendu glace de plus en plus le sang.

En jeunes mariés tentant de sauver les meubles, au propre comme au figuré (elle était enceinte avant le mariage, le mobilier qu'il a construit lui-même faute de moyens s'écroule au fil de la soirée), la grande Marie-Sophie Ferdane et le plus petit Nâzim Boudjenah forment, tels Laurel et Hardy, un couple absolument parfait. Nous retiendrons également la prestation de Félicien Juttner en irrésistible poivrot tombant sous le charme d'une Véronique Vella qui, en vieille fille bordeline plus vraie que nature, fait de lui son dessert... Cécile Brune, Sylvia Bergé, Laurent Natrella, Stéphane Varupenne et Elliot Jenicot complètent cette distribution de qualité, incarnant le reste de la famille et des invités attablés.

Cherchant encore ses marques, le spectacle trouve son rythme de croisière passée la première demi-heure pour s'achever en apothéose. Les illusions s'écroulent en même temps que le décor. Le chaos scénographique répondant à merveille au chaos psychologique des uns et des autres.

Drôle et cinglant.

A voir.


de Bertolt Brecht mise en scène Isabelle Osthue
avec Véronique Vella, Cécile Brune, Sylvia Bergé, Laurent Natrella, Marie-Sophie Ferdane, Stéphane Varupenne, Nâzim Boudjenah, Félicien Juttner, Elliot Jenicot

dimanche 27 novembre 2011

L'ECOLE DES FEMMES ... Comédie Française ****~







             de Molière          mise en scène Jean Jeacques Lassalle
avec Yves Gasc : Enrique et le Notaire, Simon Eine : Oronte, Thierry Hancisse : Arnolphe, Céline Samie : Georgette; Pierre Louis-Calixte : Alain, Gilles David : Chrysale, Julie-Marie Parmentier : Agnès, Jérémy Lopez : Horace



samedi 26 novembre 2011

SEMPE, UN PEU DE PARIS ET D'AILLEURS ... Hôtel de Ville *****

A découvrir à l'Hôtel de Ville, 
dans les albums du Petit Nicolas ou dans les nombreux autres livres qu'il a signé, 
ou même sur Google Images, 
Sempé, c’est donc... 




 Paris 

Des êtres tout minuscules face à l’énormité des immeubles ou le gigantisme des monuments, des embouteillages monstre, des manifs permanentes, des policiers en képi, des brasseries mondues, des discussions de comptoir... 





Des gens 

« Vous allez voir, c’est quelqu’un d’exceptionnel » lance un homme perdu parmi des dizaines d’autres qui se ressemblent tous. Sempé traque nos manies communes et ironise sur l’uniformisation du monde moderne. Mais sans jamais se positionner au-dessus de nous : lui aussi, c’est un « gens » ! Il faut parfois s’attarder de longues minutes devant ses planches pour y observer la profusion de détails, malgré le minimalisme du trait. Lorsque des brassées de personnages s’affairent sur une plage ou dans un café, chacun a une expression qui lui est propre, un geste rigolo qui le distingue. 



Des enfants 

Le dessinateur oppose la naïveté et les couleurs du monde de l’enfance au sérieux et à la grisaille des adultes. A travers ses dessins, il garde l’âme facétieuse, curieuse de tout et rieuse d’un gosse de dix ans - et nous fiche un sacré coup de vieux du haut de ses presque soixante-dix printemps !