samedi 3 octobre 1998

POUR UN OUI, POUR UN NON ... Théâtre de la Colline *****

Un de nos meilleurs moments de théâtre ...


H. 1 vient rendre visite à H. 2 pour lui demander compte de l’éloignement qu’il affiche à son égard depuis quelque temps. Pendant une heure, les deux hommes vont alors s’obliger mutuellement à mettre au jour les plus minimes rancunes provoquées par les plus infimes sensations autrefois éprouvées. Jusqu’à la rupture ? Peut-être que oui, peut-être que non.


de Nathalie Sarraute         mise en scène Jacques Lassalle
avec Véronique Alain, Jean-Damien Barbin, Nicolas Bonnefoy, Hugues Quester

samedi 26 avril 1997

UNE MAISON DE POUPEE ... Théâtre de l'Odéon *****



Nora s'est changée. A quitté son déguisement de bal masqué, sa jupe rouge de danseuse de tarentelle, pour le même costume bleu d'épouse sage de 1879 qu'elle portait au premier acte, ce si joli jour de Noël où elle revenait de faire des courses. Nora abandonne le domicile conjugal. Elle n'aime plus Torvald. Elle vient de le lui déclarer. S'est assise bien en face de lui, son mari depuis huit ans. Le père de ses trois enfants. Lui a dit qu'il ne l'avait jamais comprise, et qu'elle non plus ne l'avait jamais compris.

Multiple Nora ... De la frivolité gamine à l'angoisse sourde, de la coquetterie malicieuse à la désillusion, la mobilité d'expression du visage de Dominique Blanc est prodigieuse. Stupéfiant aussi se révèle tout du long l'éventail des inflexions de sa voix, ici la gaminerie, plus loin la douleur atone. Dans le beau décor crépusculaire d'Hildegard Bechtler et la mélancolie des lumières de Dominique Bruguière, Dominique Blanc habite le rôle, lui imprime son mouvement, entre Casavettes et Bergman. Nora, c'est elle.



de Henrik Ibsen         mise en scène Deborah Warner
avec Dominique Blanc, ...

samedi 7 décembre 1996

LES TROMPETTES DE LA MORT ... Théâtre de la Colline ****~


A Paris, dans un studio-kitchenette près de la porte d’Italie et du périphérique, un lundi d’octobre, il pleut. Annick, quarante ans, secrétaire, rentre du travail après avoir passé, comme chaque semaine, le week-end chez sa mère, en Bretagne. Elle en rapporte un paquet qu’elle doit remettre à une « amie d’enfance », Henriette, née dans le même village qu’elle mais qui depuis longtemps ne va plus « chez les ploucs ». L’intrusion d’Henriette, devenue Alexane, comédienne et Parisienne, puis de son compagnon, Jean-François, journaliste et écrivain, dans le studio meublé à la Redoute ébranle tout l’univers d’Annick.

Avec la justesse musicale de son rythme, de ses silences et de ses sous-entendus, avec son impitoyable sècheresse, le dialogue millimétré de Tilly n’épargne personne ; mais il s’agit d’une cruauté sans méchanceté, qui renvoie dos à dos ces deux mondes que tout sépare. Le plus ridicule n’est pas peut-être celui dont on rit le plus : la vraie ruse ou la vraie façon de la comédie, c’est d’ironiser sur l’ironie – la façon la plus efficace de conjurer le mépris.




de Tilly          mise en scène Tilly
avec Maryline Even, Eric Guérin, Josiane Stoleru


samedi 19 octobre 1996

BONBON ACIDULE ... Théâtre de la Colline ****~

Une expérience inoubliable ...

1996, en Argentine. A la suite de la mort de son père, Maria, vingt-deux ans, va quitter sa maison d’enfance. Une photo, un vieux journal, une lettre lui font revivre ou imaginer le passé : la jeunesse de Mario, le père ludique et taciturne, son amitié avec le Gitan qui tient le bar où la belle Galicienne danse le flamenco, son amour pour deux femmes, Eugénie et Alexandra. En désordre, ou selon l’ordre profond de la mémoire, les moments lumineux de l’enfance alternent avec la réalité du malheur : l’exil, la mort de la mère, la disparition d’Alexandra sous le régime des militaires.

Pour nous guider, avec sensibilité, avec tendresse, dans ce voyage à travers le temps, Ricardo Sued, comme à colin-maillard, nous plonge dans l’obscurité. Dans la nuit du théâtre, nous verrons pourtant, chacun à notre manière, comme en rêve, un Gitan, des gnomes, des citronniers, des arcs-en-ciel : un parcours magique et ludique qui nous apprend à ne plus avoir peur du noir.


de Ricardo Sued        mise en scène Ricardo Sued
avec Rosario Audras, Marie-Laure Dougnac, Jean-Claude Fernandez, Jérôme Kircher, David Michel