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lundi 7 avril 2014

MICRO MACRO ... Maison des Arts de Créteil ****~

Petit ou grand, l'infini est un extraordinaire terrain de jeu et d'expérimentation pour les artistes numériques. L'exposition conçue par Charles Carcopino l'est tout autant pour le visiteur, auquel sont proposés de multiples jeux d'échelles, de perspectives et d'optiques. A commencer par les installations ludiques de Philippe Decouflé permettant de multiplier son image, de déformer son reflet ou de grossir sa tête (sans risque de mégalomanie). Hiroto Ikeuchi crée de fascinants paysages de guerre avec des éléments et des carcasses de vieux ordinateurs. Et alors que Cycl nous plonge dans un cyclone impressionnant d'images et de sons, Alain Josseau révèle la fragilité du regard humain lorsque les militaires utilisent une interface électronique pour abattre de prétendus ennemis. Troublant !

Thierry Voisin - TELERAMA




On a préféré :


























































mardi 25 mars 2014

L'ART ET LA REVOLTE ... Espace 93 ****~

A l'initiative de Dominique Bluzet du Grand Théâtre de Provence, Abd al Malik rencontre Albert Camus.

Comme Albert Camus, Abd al Malik considère que « le déterminisme social » n'existe pas. Le lien d'Albert Camus à l'Algérie le renvoie, lui-même, à ses origines congolaises et aux quelques années qu'il a passées dans ce pays, marquées par la lumière africaine, le soleil blouissant, léa sensualité des êtres et des paysages. Sa fidélité à ses racines, qu'elles soient congolaises ou alsaciennes, le lien viscéral à sa mère et à sa famille, à son milieu et à ses amis d'enfance, tout le rapproche de Camus.

Tantôt rappeur, poète ou encore écrivain, quatre fois consacré aux Victoires de la musique, lauréat du Prix littéraire Edgar Faure, cet artiste élevé dans les quartiers difficiles de la banlieue strasbourgeoise échappe aux clichés habituels. Inspiré par les grands textes, il porte la parole de Sénèque, Spinoza, Verlaine ou encore Césaire, dans ses albums hybrides. Au carrefour du rap, de la poésie et du jazz, Abd al Malik, chanteur lettré, nous livre un opus inspiré des textes et des grands thèmes camusiens dans un spectacle qui va bien au-delà du concert.

« Qu'y a-t-il de commun entre Albert Camus et moi-même ? Il n'y a aucune prétention dans la question que je me pose, mais plutôt une aspiration. Car j'ai toujours vu en Camus un idéal dans la manière d'être artiste, un élan dans la façon d'habiter l'écriture. J'ai surtout vu en lui, comme en moi, ce farouche besoin de représenter “son peuple “, de représenter les siens et, par eux, de chercher inlassablement le moyen de se connecter à tous.

C'est en ce sens que ce qui m'intéresse dans ce projet n'est pas de « parler » de son oeuvre (ou de lui-même finalement), mais de questionner les origines philosophiques de celle-ci. Je dirais même de questionner l'origine philosophique, et j'oserais presque dire spirituelle, de celle-ci. Et, de mon point de vue, comme il le dit lui-même d'ailleurs, tout s'origine (et quelque part se termine) dans cet ouvrage de jeunesse intitulé L'envers et l'endroit.
La préface qu'il fait à la réédition de ce petit livre, vingt ans plus tard, a toujours été pour moi une sorte de feuille de route. Je dirais même une sorte de viatique dans ma quête, en tant qu'homme de mots, d'une certaine vérité artistique.

C'est pourquoi je me propose de reprendre les intitulés et la thématique de chacune des cinq nouvelles qui forment cet ouvrage et d'ajouter sept ou huit autres petites histoires (en liaison évidemment avec les thèmes abordés) et de faire avec
tout cela douze ou treize pièces musicales que je mettrai ensuite en scène dans une approche se situant entre la déclamation poétique et théâtrale et le tour de chant. »
Abd al Malik




J'aimerais ici entendre le souffle du soleil parler le langage de l'aube naissante,
La promesse de tous les lendemains qui chantent en chœur,
J'aimerais tant dire c'est bientôt fini à toi qui hurle à la lune ta souffrance,
La tendresse de tous ceux qui n'ont d'œil que celui du cœur.

lundi 24 février 2014

PIXAR ... Art Ludique ****~



Le premier musée au monde dédié à l'art de l’ ”Entertainment”, a ouvert ses portes à Paris le 16 novembre 2013 avec l’exposition ”PIXAR, 25 ANS D’ANIMATION”

La fameuse exposition PIXAR, 25 ANS D’ANIMATION, inaugurée au MoMA à New York en 2006 avant de faire le tour du monde de nombreux musées prestigieux, s’inscrit totalement dans cette démarche résolument novatrice et populaire.
 En exposant les œuvres originales des artistes créateurs de "Toy Story", "Le Monde de Nemo", "Ratatouille" ou "Wall-e", le MoMA a rendu hommage à ce courant artistique émergent et a connu, à cette occasion, sa plus grande affluence de visiteurs depuis sa création.

C’est un honneur pour ART LUDIQUE Le Musée d’ouvrir ses portes avec l’exposition PIXAR,25 ANS D’ANIMATION qui proposera plus de 500 œuvres, dessins de recherches originaux, études de personnages et de décors, story-boards, sculptures, ainsi que le spectaculaire Zootrope de "Toy Story" et le captivant Artscape, qui offrent des expériences exceptionnelles d’immersion dans la magie de l'animation.

PIXAR, 25 ANS D’ANIMATION constitue la première des grandes expositions temporaires d'ART LUDIQUE Le Musée, et s'est déroulée du 16 novembre 2013 au 2 mars 2014.









Double bonne nouvelle : non seulement le musée Art ludique, consacré aux arts du divertissement (jeux vidéo, BD, animation…), a ouvert ses portes à Paris, mais, en plus, il accueille la formidable expo "Pixar", qui nous arrive après un grand tour du monde, commencé en 2006 au MoMA de New York.
Storyboards, aquarelles, sculptures et courts métrages, études de personnages au fusain ou au pastel, les coulisses du grand studio d’animation américain s’affichent en beauté. On retrouve ici les mille et une métamorphoses de Toy Story, de Rebelle, des Indestructibles et les autres, dans un « envers du décor » presque plus beau que l’endroit.
Complément ludique à ce voyage artistique, un zootrope géant (machine en forme de manège, basée sur l’illusion d’optique) occupe une salle entière. Une expo pour tous les publics, au croisement de l’art et du jeu. 

jeudi 20 février 2014

RICHARD DEACON ... Tate Britain ****~

cut21 Richard Deacon | Tate Britain Exhibition
Restless, 2005

Richard Deacon / Tate Britain, London / 5 February – 27 April 2014.
La Tate Britain présente une exposition majeure de Richard Deacon, sculpteur britannique de premier plan, mieux connu pour ses grandes formes ouvertes et lyriques.
Blind, Deaf And Dumb A 1985
Depuis plus de quatre décennies, Richard Deacon a employé des matériaux allant du bois et du polycarbonate feuilleté de cuir ou de tissu ou encore de l’argile, dont nombre d’exemples ponctuent l’exposition. Deacon fonctionne sur les deux échelles, combinant des formes organiques avec des éléments de l’ingénierie. Ses méthodes de construction, qui changent constamment, sont le résultat de l’évolution de son approche sculpturale, réfléchis par son utilisation de bois courbé sinueux, d’acier tordu et de céramique vitrifiée.
Out of order, 2003
1998 1 002 re scan 1024x810 Richard Deacon | Tate Britain ExhibitionCette exposition à la Tate Britain souligne l’intérêt de Deacon pour les matériaux et leur manipulation, comme dans After (1998), un grand travail en bois dont le volume constitue un espace en continu et en boucle. 
Sont également montrés les travaux à petite échelle, mais on notera en particulier les premiers dessins de Deacon, comme "Orphée", une suite de dessins construit à partir des courbes complexes qui ont beaucoup influencé les formes organiques de sa sculpture ultérieure, notamment la grande sculpture en céramique verte Fold (2012) .
This, That And The Other, 1985
Tout au long de sa carrière Deacon a mis l’accent sur la langue comme il le fait sur la matérialité. Cela reflète un intérêt profond qui découle de la lecture de textes poétiques, philosophiques et autres. Comme son travail infiniment varié qui est en constante évolution – notamment montré dans les Linbury Galeries de la Tate Britain avec quelque 34 exemples – Deacon ne peut pas être lui-même réduit à un seul style ou sujet. Seuls les principes de dessin et l’accent porté sur l’expérimentation sont constants, ce tout au long de sa carrière, alors que dans cette même période, il a également été salué comme un théoricien et un professeur distingué.
Known for such works as After 1998, Turner Prize winner, Richard Deacon, will present a major exhibition at the Tate Britain. Comprising of around 40 pieces, the exhibition is a chronological survey of one of Britain’s foremost sculptors of today. The exhibition is to feature a range of sculptures and drawings, ranging from the large to the very small, made from an assortment of organic and everyday materials.

Struck Dumb 1988,  Private collection © Richard Deacon
Deacon’s interest in using a variety of materials, including cardboard, ceramic as well as steel, wood and other everyday materials comes from pursuing ‘material diversity’, within his work. Constantly challenging himself to expand his vocabulary of how different materials interact with one another, for instance Restless 2005, which is a continuous ribbon of stainless steel-braced wood, frozen as if in an agitated state, providing a bewildering sense of structure and growth.

Additionally, the show will include a series of early seminal drawings that have had great bearing on the creation of several of his pieces collectively titled It’s Orpheus When There’s Singing 1978, developing many of the sculptures’ notions of language and communication as well as the ‘possibilities of organic and curved forms’.
ID 0711 1024x795 Richard Deacon | Tate Britain Exhibition
Lock 1990, Private collection © Richard Deacon
Deacon is known for open structures where form is described not by its shape but by its boundary or edge. The sculptures flow through themselves and emphasis is placed on the construction and manipulation of materials. Particularly, a collection of works from Deacon’s seres, Art for Other People, which started in 1982 and is comprised of sculptures made up of steel, foam, rubber, chrome, leather and marble.


PAUL KLEE MAKING VISIBLE ... Tate Modern ****~


Cet automne, à la Tate Modern, c'est la redécouverte du travail extraordinaire de Paul Klee, à travers un nouvel angle de vue. Peintures, dessins venant du monde entier sont exposées dans l'ordre qu'avait imaginé l'artiste en les créant.




Paul Klee Green X Above Left 1915 Zentrum Paul Klee, Private Collection
Green X Above Left 1915


Pourquoi faire grand quand tout peut s'exprimer sur une feuille modeste d'épistolier, par une construction de la couleur délicate comme un champ de fleurs («Green X Above Left», 1915, 16 × 18,8 cm)? 

Les orangés touchent les gris, répondent au mauve, rafraîchissent les ocres et ravivent les bleus ardoise. Une croix verte, hissée dans un carré blanc en haut à gauche, crée l'équilibre. En bas à droite, une toute petite signature Klee, puis l'année et le numéro, fines traces de plume. C'est toute la magie de Paul Klee que de créer la beauté par une abstraction si légère. 


Sa rétrospective splendide à la Tate Modern de Londres rappelle aux recordmen de l'art contemporain qu'en fait «size does not matter». La visite est un exercice miraculeux, rafraîchissant après les exploits XXL des différentes biennales. Il débarrasse l'esprit de tout superflu, invite à s'approcher de ces petits cadres aux merveilles, à comparer paisiblement ces 130 dessins, aquarelles et tableaux que Paul Klee a composés avec la grâce et la méthode d'une partition. Comme toujours à la Tate Modern, l'accrochage est simple, pour ne pas dire janséniste. L'art, rien que l'art. Voilà qui sied à Paul Klee qui crée presque tout à partir de presque rien (Familiar Space, 1915, petite aquarelle sur carton, belle comme un souffle).

Fire in the Evening, 1929 by Paul Klee

 Et si la rétrospective met l'accent sur les innovations incessantes de ce paisible et sur les dix ans où il travailla et enseigna au Bauhaus (Fire in the Evening, 1929, prêt du MoMA de New York), on en revient toujours aux prémices. Magiques.


Valérie Duponchelle (Le Figaro)








Ma sélection








Fishes in the deep, 1921
Magnifique mouvement que je préfère au Fish magic, 1925





Palace red violet yellow green diametrical gradation
Fantastique sensation de serénité








Architecture, 1923
Pour sa noirceur optimiste









Traps, 1927
Pour son rouge profond



 




Portrait of an equilibrist, 1927
Pour la force qu'il dégage malgré son minimalisme















In the current six thresholds, 1929
Pour la sensation combinée d'ordre et de fantaisie







Summer house, 1929
Parce qu'en hiver, on a besoin de croire au retour de la belle saison !










Dancer, 1932
Pour la légéreté qu'il dégage et son petit coté picassien ... Ou mirosque ? ;-)













P fourteen, 1931
Parce que l'Egypte me saute au yeux ... Et ça me plait ! Les pyramides, la végétation aride, les multiples teintes beige et grises, les minuscules personnages, le vent ...










Walpurgis Night, 1935
Attirant et effrayant en même temps, bleu tentateur




 










Forest witches, 1938
Mystérieuses couleurs ... et aussi parce que c'est l'un des seuls grand tableaux de l'expo !






















Park near Lu, 1938

J'aimerais m'y évader !








A Mastery Of Colour: Paul Klee At Tate Modern



Paul Klee, Fire at Full Moon, 1933. Museum Folkwang, Essen, Germany
There is plenty of art in Klee’s signature bold and colourful semi-abstract style. Recognisable objects like flowers, a hotel and the sun appear interspersed among blocks of bright colours. There are also his trademark darker works where the black backgrounds ensure that the bright foreground objects become more vivid.

Paul Klee, Redgreen and Violet-yellow Rhythms, 1920
Eyes stare out of some of his works forcing the viewer to be drawn in, whether they are disembodied and accusatory or upon fishes that look on helplessly and forlornly.

Paul Klee, Comedy, 1921
A Klee quote in the exhibition states “Art does not reproduce the visible; rather, it makes visible”. This is a great summary of Klee’s style, as he was able to create scenes that are rooted in the real world yet bear the hallmarks of a fervent imagination.

Paul Klee, Steps, 1929

What’s most impressive about Klee’s work is his versatility and how unfair it is to label him simply as a modernist. This exhibition shows us that he was equally adept at drawing caricatures, minimalism, primitivism and almost any technique he turned his hand to. A brightly coloured expressionist painting of a witch can be seen in one room while a pastel coloured pointillist portrait of a dancer may be seen in the next.

Paul Klee, Static-Dynamic Intensification, 1923

This large exhibition does a great job of showing us what a tour de force Klee was and highlights his immense talent and versatility which is only matched by Picasso.